Terres nucléaires, une histoire du plutonium

Mardi soir 29 septembre 2015  –  20h50 sur Arte

Documentaire de Kenichi WATANABE – France – 2015 – 1h25
Rediffusions :
– vendredi 9 octobre  8h50
– mercredi 14 octobre  8h55
Terres nuc WatanabeEnjeu militaire, avec la bombe atomique, mais aussi industriel et économique avec les centrales destinées à la production d’électricité, l’exploitation du plutonium a été désastreuse pour l’homme et la planète. Malformations, cancers, paysages désolés…. en s’appuyant sur l’observation de trois sites : Hanford aux États-Unis, La Hague en France et Rokkasho au Japon, le réalisateur mesure l’ampleur du désastre.

Cette enquête édifiante expose de façon claire et documentée tous les dangers de l’exploitation de cette matière dangereuse. Mais elle explique aussi pourquoi elle n’est pas interrompue et que seule une volonté politique très forte pourrait y mettre un terme. Un document saisissant durant lequel on passe régulièrement de la stupéfaction à l’indignation.
D’après http://www.programme-tv.net/programme/prog-tv/r299441-terres-nucleaires-une-histoire-du-plutonium/

Lire aussi la critique du Monde http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2015/09/29/l-infernale-spirale-du-plutonium_4776552_1655027.html

Retraçant l’histoire du plutonium, Kenichi Watanabe en révèle les enjeux scientifiques, militaires et géopolitiques.
Mieux qu’un polar angoissant ou qu’un film d’anticipation bien ficelé, ce documentaire, aussi sobre dans la forme que solide sur le fond, fait froid dans le dos. Son auteur  s’était déjà fait remarquer en 2013 avec Le Monde après Fukushima.

Cette fois, en retraçant l’histoire du plutonium et de ses usages, il ouvre en quelque sorte les portes de l’enfer.
Car le plutonium, matière artificielle très dangereuse, est beaucoup plus nocif que l’uranium. Découvert au début des années 1940, il est produit à des fins militaires avec des moyens industriels considérables. Si la bombe atomique qui frappa Hiroshima était constituée d’uranium, celle qui ravagea Nagasaki contenait du plutonium. Depuis, le civil s’en est emparé mais, lorsqu’il s’agit d’un tel produit qui fait croire à l’homme qu’il peut maîtriser la matière, les enjeux ou projets militaires ne sont jamais loin.
A l’aide de nombreux témoignages, de documents d’archives inédits, notamment américains, et en délimitant son enquête à trois terrains judicieusement choisis (le désert de Hanford aux Etats-Unis, le site nucléaire de Rokkasho au Japon, la pointe de La Hague en France), Watanabe révèle les énormes enjeux scientifiques, industriels et géopolitiques liés au plutonium. Le réalisateur s’interroge également sur le passage du nucléaire militaire au nucléaire civil. « Je voulais faire de la géopolitique en partant de la question du nucléaire. Je me suis concentré sur le plutonium, de sa mise au point pendant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis pour la création de bombes atomiques jusqu’à son utilisation dans la production d’énergie. C’était aussi une manière d’alerter l’opinion sur son utilisation et son recyclage. »
Le recyclage au cœur des débats
Tout au long du film, la délicate question du recyclage est au cœur des débats.
« Le plutonium est une matière diabolique, du fait de son extrême dangerosité. Selon moi, plus généralement, il y a urgence à reconnaître que le “recyclage” du combustible nucléaire est une technologie du passé et un système absurde qu’il faut combattre », estime Watanabe. Notamment parce que le recyclage produit une grande quantité de déchets qu’il faut enfouir. En polluant les mers, l’air, la terre, les déchets provoquent des drames humains et environnementaux. Très nocif, le plutonium émet plusieurs milliers de fois plus de radioactivité dans la nature qu’un réacteur nucléaire.
A eux trois, le Japon, les Etats-Unis et la France possèdent plus de la moitié du parc nucléaire mondial. Hanford, situé dans l’Etat de Washington, est le plus grand site de stockage de déchets radioactifs du pays. Son histoire, débutée dans les années 1940, est passionnante. Mais pour celles et ceux qui vivent dans les environs, et dont certains témoignent face caméra, cancers et maladies graves sont au rendez-vous, rappelant qu’on ne voisine pas impunément avec le diable plutonium.
A la Hague, dans le Cotentin, près de cinq mille personnes vivent du nucléaire. Composée de citoyens et de scientifiques et créée après le drame de Tchernobyl, en 1986, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) effectue des prélèvements dans la région. « Dans les cours d’eau, sur terre, dans l’air, la contamination est permanente », souligne un scientifique. Au Japon, pays de l’apocalypse nucléaire et de Fukushima, l’usine de retraitement de Rokkasho n’a jamais fonctionné et symbolise l’impasse dans laquelle se trouve l’industrie nucléaire japonaise aujourd’hui.

Kenichi WATANABE vit en France, où il produit des documentaires pour la télévision française.
Dans Le Monde après Fukushima il a témoigné de manière émouvante du désarroi des habitants de la région de Fukushima, chassés de chez eux par le poison nucléaire, et du drame qui pèse sur le Japon.
Dans un précédent documentaire La Face cachée d’Hiroshima, Watanabe a raconté l’histoire des secrets qui entoure la bombe nucléaire

Watanabe

Lire aussi son entretien avec Gaïa Mugler pour Reporterre (avril 2013) « Fukushima, le monde de l’absurdité »
http://www.reporterre.net/Fukushima-le-monde-de-l-absurdite